Cancer oesophage
Dernière mise à jour : septembre 2026
Le cancer de l'œsophage se classe au 15ème rang des cancers en France. Il s'agit d'une maladie grave, dont la prise en charge à visée curative a largement évolué ces dernières années. Le pronostic des formes localement avancées s'est ainsi amélioré grâce à de nouvelles modalités thérapeutiques (chimiothérapie, radio-chimiothérapie, immunothérapie), désormais associées aux opérations pour cancer de l'œsophage.
Notre équipe participe activement à la RCP de recours œso-gastrique du réseau PAN·TOGETHER, réseau national d'excellence clinique labellisé par l'Institut National du Cancer (INCa), dédié aux cancers digestifs de mauvais pronostic. Cette participation permet à chaque dossier complexe de bénéficier d'un avis d'experts national, en complément de notre expertise locale.
L’œsophage fait partie du tube digestif et amène les aliments du pharynx (la gorge) à l’estomac. Il s’agit d’un organe creux et long très profondément situé. Il est classique de décrire 3 parties à l’œsophage : Cervicale, thoracique et abdominale. Cette complexité anatomique explique le caractère lourd des opérations pour cancer de l’œsophage. (Schéma).
1. Principaux symptômes
Il existe en réalité deux types très distincts de cancer de l'œsophage.
Le carcinome épidermoïde touche préférentiellement la partie thoracique moyenne de l'œsophage. Il s'agit d'une tumeur généralement associée à une intoxication alcoolo-tabagique chronique.
L'adénocarcinome touche préférentiellement le bas œsophage ou la jonction œso-gastrique. Les principaux facteurs de risque reconnus sont l'obésité et le reflux gastro-œsophagien chronique.
Dans tous les cas de figure, cette maladie est à évoquer chez des patients se plaignant de blocages alimentaires (dysphagie) et d'une perte de poids. Un cancer de l'œsophage peut aussi être diagnostiqué de façon fortuite lors d'une fibroscopie œso-gastrique de surveillance.
2. Bilan préthérapeutique
Le diagnostic de cette maladie repose sur la réalisation de biopsies menées lors d'une fibroscopie œso-gastro-duodénale.
En cas de confirmation diagnostique, un bilan d'extension doit être réalisé afin de préciser le stade de la maladie (stade localisé, stade localement avancé ou stade métastatique). Il consiste en une écho-endoscopie haute, un scanner thoraco-abdomino-pelvien et une scintigraphie particulière appelée PET-scanner.
Si une chirurgie est évoquée, un bilan d'opérabilité large sera prescrit par l'anesthésiste-réanimateur : échographie cardiaque et explorations fonctionnelles respiratoires au minimum.
Une opération pour cancer de l'œsophage ne peut s'envisager qu'en cas de stade localisé ou localement avancé. Cependant, devant le caractère lourd d'une telle chirurgie, des raisons médicales pourraient contre-indiquer l'intervention. Tout ceci vous sera alors expliqué par votre chirurgien. Votre dossier est toujours discuté à notre réunion de concertation pluridisciplinaire hebdomadaire, où toute décision est validée comme le veulent les recommandations nationales.
Cancer de l'œsophage et de la jonction œso-gastrique (SNFGE)
3. Les différentes chirurgies
Il existe deux grandes opérations pour cancer de l'œsophage en fonction de la localisation de la tumeur. Il est important de comprendre que, devant le caractère profond et complexe de l'anatomie de l'œsophage, il n'est pas possible d'opérer cet organe uniquement par le ventre (abdomen). Un abord thoracique (thoracotomie ou thoracoscopie) est souvent associé à l'abord abdominal. Dans des cas plus rares, une incision sur la partie gauche du cou (cervicotomie gauche) peut s'avérer indispensable. C'est cette multiplicité d'abords qui explique en partie la lourdeur des opérations pour cancer de l'œsophage.
Si la lésion est située sur la partie inférieure de l'œsophage (1/3 inférieur) ou au niveau de la jonction œso-gastrique, il s'agit généralement d'une indication à réaliser une œso-gastrectomie polaire supérieure (opération dite de « Lewis-Santy »). La continuité digestive est assurée en transformant l'estomac restant en un tube (gastroplastie) afin de l'ascensionner dans le thorax et de le coudre à l'œsophage restant (anastomose œso-gastrique) (Figure suivante).
Si la lésion est située sur la partie moyenne (1/3 moyen) de l'œsophage, il s'agit d'une intervention de type œsophagectomie totale 3 voies (intervention de McKeown). Cette chirurgie s'apparente à l'intervention de Lewis-Santy (cf. ci-dessus), mais diffère par le fait que la section de l'œsophage est réalisée au niveau du cou et non au niveau du thorax. Là encore, le rétablissement de la continuité digestive est assuré par une gastroplastie tubulisée, avec une anastomose œso-gastrique au niveau cervical. Cette opération pour cancer de l'œsophage nécessite donc 3 abords pendant la chirurgie : abdominal, thoracique droit et cervical gauche (Figure suivante).
Si la lésion est située sur la partie moyenne (1/3 moyen) de l'œsophage, il s'agit d'une intervention de type œsophagectomie totale 3 voies (intervention de McKeown). Cette chirurgie s'apparente à l'intervention de Lewis-Santy (cf. ci-dessus), mais diffère par le fait que la section de l'œsophage est réalisée au niveau du cou et non au niveau du thorax. Là encore, le rétablissement de la continuité digestive est assuré par une gastroplastie tubulisée, avec une anastomose œso-gastrique au niveau cervical. Cette opération pour cancer de l'œsophage nécessite donc 3 abords pendant la chirurgie : abdominal, thoracique droit et cervical gauche (Figure suivante).
Ces interventions peuvent être réalisées par voie ouverte, par abord mini-invasif (cœlioscopie et thoracoscopie), ou par voie robot-assistée. Depuis 2025, notre service dispose d'un robot chirurgical Da Vinci Xi, permettant de proposer cette approche, particulièrement adaptée à la finesse du geste requis autour de l'œsophage et du diaphragme, avec les bénéfices attendus en termes de précision et de confort post-opératoire.
Pour compléter vos connaissances sur ce sujet, n'hésitez pas à consulter le guide de l'Institut National du Cancer (INCa) sur les cancers de l'œsophage et de la jonction œso-gastrique.