Cancer de l'estomac

Dernière mise à jour : septembre 2026

Le cancer de l'estomac se classe au 13ème rang des cancers en France. Il s'agit d'une maladie grave, dont la prise en charge à visée curative a largement évolué ces dernières années. Le pronostic des formes localement avancées s'est ainsi amélioré grâce à de nouvelles modalités thérapeutiques (chimiothérapie, radio-chimiothérapie, immunothérapie), désormais associées à la chirurgie d'exérèse (gastrectomie carcinologique partielle ou totale).

Notre équipe participe activement à la RCP de recours œso-gastrique du réseau PAN·TOGETHER, réseau national d'excellence clinique labellisé par l'Institut National du Cancer (INCa), dédié aux cancers digestifs de mauvais pronostic. Cette participation permet à chaque dossier complexe de bénéficier d'un avis d'experts national, en complément de notre expertise locale.

En savoir plus sur le réseau PAN·TOGETHER

L’estomac fait partie du tube digestif et il est relié directement à l’œsophage au niveau de la jonction œso-gastrique. Il se poursuit ensuite avec le duodénum (début de l’intestin). Il est constitué de 3 parties : le fundus, le corps et l’antre gastrique (Schema).

1.   Principaux symptômes

Le cancer de l'estomac (adénocarcinome) est souvent associé à une colonisation gastrique à Helicobacter pylori, une bactérie connue depuis plus de 30 ans et responsable des ulcères gastriques. Cette maladie se révèle le plus souvent par une altération de l'état général (anorexie, perte de poids, fatigue), une hémorragie digestive, ou des douleurs abdominales hautes pouvant mimer un ulcère gastrique. Elle peut également être découverte dans le cadre du bilan d'une anémie.

2.   Bilan préthérapeutique

Le diagnostic de cette maladie repose sur la réalisation de biopsies lors d'une fibroscopie œso-gastro-duodénale. Conformément aux recommandations nationales les plus récentes, ces biopsies font systématiquement l'objet d'une analyse de plusieurs biomarqueurs (statut HER2, PD-L1, claudine 18.2, statut MMR), afin d'orienter au mieux les options thérapeutiques disponibles, notamment l'accès à l'immunothérapie ou aux thérapies ciblées.

En cas de confirmation diagnostique, un bilan d'extension est systématiquement réalisé afin de préciser le stade de la maladie (stade localisé, stade localement avancé ou stade métastatique). Il comprend une écho-endoscopie haute, un scanner thoraco-abdomino-pelvien, ainsi qu'un examen d'imagerie appelé PET-scanner.

Une intervention chirurgicale pour cancer de l'estomac ne peut être envisagée qu'en cas de stade localisé ou localement avancé. Votre dossier est systématiquement discuté lors de notre réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) hebdomadaire, où toute décision thérapeutique est validée collégialement, conformément aux recommandations nationales.

Consulter les recommandations nationales (SNFGE)

3.   Les différentes chirurgies

Il existe deux grandes interventions chirurgicales pour le cancer de l'estomac, selon la localisation de la tumeur.
Lorsque la lésion est située sur la partie supérieure de l'estomac (jonction œso-gastrique, fundus) ou sur sa partie moyenne (corps gastrique, petite courbure), l'indication est généralement une gastrectomie totale. La continuité digestive est alors rétablie en raccordant directement l'œsophage à l'intestin (Figure suivante).
 

Si la lésion est située sur la partie terminale de l'estomac (antre gastrique, pylore), il s'agit en général d'une indication à une gastrectomie partielle. La continuité digestive est alors rétablie en raccordant l'estomac restant à l'intestin (Figure suivante).

Dans tous les cas de figure, les opérations pour cancer de l'estomac sont associées à une ablation large des ganglions drainant l'estomac (curage ganglionnaire).

Ces deux opérations peuvent être réalisées par laparotomie (ouverture abdominale), par cœlioscopie (chirurgie mini-invasive) ou par voie robot-assistée, sous certaines conditions. Depuis 2025, notre service dispose d'un robot chirurgical Da Vinci Xi, permettant de proposer cette approche pour certaines gastrectomies carcinologiques. Votre chirurgien saura vous informer, en consultation, de la technique la plus adaptée à votre situation.

4.   Les suites post-opératoires

Les opérations pour cancer de l'estomac sont des opérations lourdes, pour lesquelles nous utilisons avec succès un protocole de réhabilitation accélérée en post-opératoire. Ainsi, nous limitons les drains et n'utilisons pas de sonde naso-gastrique. Les patients sont réalimentés précocement et invités à se mobiliser au plus vite avec l'aide de notre équipe soignante. Les durées d'hospitalisation oscillent entre quelques jours (gastrectomie partielle sous cœlioscopie) et 2 semaines.

Les complications post-opératoires sont dominées par les risques d'hémorragie (intra-abdominale ou digestive) (<5 %) et les risques d'infection abdominale (péritonite, abcès) en lien avec un défaut de cicatrisation du montage (fistule) (<5 %). En tant que centre tertiaire et de recours, l'ensemble du plateau technique du CHU est mobilisable pour la prise en charge moderne des complications graves après ce type de chirurgie (réanimation chirurgicale, endoscopie interventionnelle, radiologie interventionnelle, expertise chirurgicale…).

Votre chirurgien saura prendre le temps en consultation pour vous expliquer plus en détail les suites post-opératoires.

5.   Consignes de sortie

Une opération pour cancer de l'estomac entraîne une diminution importante (gastrectomie partielle) voire totale (gastrectomie totale) de la capacité de réservoir de l'estomac. Ainsi, les patients expérimentent constamment une restriction alimentaire en post-opératoire. Vous serez vu à de multiples reprises par notre diététicienne pendant votre prise en charge, et un protocole alimentaire sera défini avec elle.

Dans la majorité des cas, une sortie à domicile, avec des aides anticipées, est possible. Dans certains cas plus rares et spécifiques, une demande de soins de suite et réadaptation (« maison de convalescence ») sera formulée.

Pour compléter vos connaissances sur ce sujet, n'hésitez pas à consulter le guide de l'Institut National du Cancer (INCa) sur les cancers de l'estomac.

Cancer de l'estomac : l'essentiel (INCa)